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Mercredi (15/06/05)
Sujet d'Histoire et de Géographie : Série L et ES
Géographie :




Centres d'impulsion et flux d'échanges en Asie orientale





La puissance des Etats-Unis dans le monde


Donnez un titre au croquis.


Histoire :

 

L'Europe, un enjeu dans la rivalité Est / Ouest (1947-1991).

 

L'émancipation des peuples colonisés : indépendances et tentatives d'organisation
(1945-1975)

Chronologie indicative :


1945 :

proclamation de l'indépendance du Vietnam

1946-1954 :

guerre d'Indochine

1947 :

indépendance de l'Inde et du Pakistan

1955 :

conférence de Bandoeng

1956 :

indépendance du Maroc et de la Tunisie

1957-1966 :

indépendance de la plupart des colonies britanniques d'Afrique noire

1961:

première conférence des pays non-alignés à Belgrade

1962 :

indépendance de l'Algérie

1964 :

première CNUCED

1973 :

sommet des non-alignés à Alger
premier choc pétrolier

1975 :

indépendance des colonies portugaises d'Afrique


Quelles évolutions culturelles en France sous la Ve République ?

Liste des documents :

Document 1 : L'évolution des effectifs scolaires en France de 1958 à 1999
Document 2 : L'émergence d'une nouvelle culture
Document 3 : Le président de la République et la politique culturelle
Document 4 : Les pratiques culturelles des Français
Document 5 : L'équipe de France de football, 12 juillet 1998

Première partie

Le candidat analysera l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :

1. Identifier les différentes formes de culture présentées dans l'ensemble documentaire.
2. Quel rôle joue l'État dans le développement culturel (doc. 1, 3 et 4) ?
3. Quelles conditions favorisent l'évolution des pratiques culturelles (doc. 2 et 4) ?
4. Quelles sont les caractéristiques de la "culture jeune" (doc. 4 et 5) ?
5. Peut-on parler d'uniformisation ou de diversification des pratiques culturelles (doc.1 à 5)?

Deuxième partie

A l'aide des réponses aux questions, des informations extraites des documents et de ses connaissances, le candidat rédigera une réponse organisée au sujet : Quelles évolutions culturelles en France sous la Ve République ?

Document 1 : L'évolution des effectifs scolaires en France de 1958 à 1999

Document 2 : L'émergence d'une nouvelle culture

Le music-hall exsangue renaît sous l'influence des copains ; les tournées se multiplient en province, sillonnée par les deux groupes leaders, le groupe Johnny-Sylvie(1) et le groupe Richard-Françoise(1). Paris-Match consacre chez les "croulants" le triomphe des copains puisqu'il accorde aux amours supposées de Johnny et de Sylvie la place d'honneur réservée aux Soraya et Margaret(2). [...]
La classe d'âge s'est cristallisée sur :

  • une panoplie commune, qui du reste évolue au fur et à mesure que les "croulants" avides de juvénilité se l'approprient ; ainsi ont été arborés blue-jeans, polos, blousons et vestes de cuir, et actuellement la mode est au tee-shirt imprimé, à la chemise brodée ; [...]
  • l'accession à des biens de propriété décagénaires(3) : électrophone, guitare de préférence électrique, radio à transistors, collection de 45 tours, photos ;
  • un langage commun ponctué d'épithètes superlatives comme "terrible", "sensass", langage "copain" où le mot "copain" lui-même est le maître mot, mot de passe ;
  • ses cérémonies de communion depuis la surprise-partie jusqu'au spectacle de music-hall et peut-être, dans l'avenir, des rassemblements géants sur le modèle de celui de la Nation(4) ;
  • Ses héros ? Un culte familier d'idoles-copains est né. [...] Mais là où il est le plus ardent, c'est dans l'acte même de la communion, le tour de chant, où le rapport devient frénétique, extatique.
  • Edgar Morin, sociologue, "Salut les copains", Le Monde, 6 juillet 1963.

    (1) : Johnny Hallyday, Sylvie Vartan, Richard Anthony et Françoise Hardy : chanteurs.
    (2) : Soraya, Margaret : princesses souvent à la une de l'actualité.
    (3) : décagénaires : concernant la tranche d'âge des 10-19 ans.
    (4) : le premier grand concert en plein air, place de la Nation, à Paris, auquel 150 000 jeunes assistent en juin 1963.

    Document 3 : Le président de la République et la politique culturelle

    Nous avons un ministère des Affaires culturelles, et il est normal que je suive son action comme celle des autres. Mais pour moi c'est tout autre chose, l'art n'est pas une catégorie administrative. Il est le cadre de vie, ou devrait l'être. Je laisse de côté volontairement ce qu'il peut exprimer ou signifier pour ne garder que le plaisir qu'il donne. [...]
    Quant à parler de ligne politique, il n'y a, croyez-le, aucune arrière-pensée de cet ordre dans mon esprit, au sens où l'on entend couramment le mot "politique". Je ne cherche pas à créer un style "majoritaire" ! Mais c'est vrai, la France se transforme, la modernisation, le développement dans tous les domaines sont éclatants. Pourquoi n'y aurait-il pas un lien avec les arts ? Toutes les grandes époques artistiques sont des époques de prospérité économique et souvent de puissance politique : voyez l'Athènes de Périclès, la Rome des empereurs ou de la Renaissance, la Venise des doges, la Florence des Médicis, sans parler de la France de Saint Louis, de François Ier, de Louis XIV, du XVIIIe siècle, même du Second Empire. Alors pourquoi pas notre siècle ?

    Georges Pompidou, "Déclarations sur l'art et l'architecture", Le Monde, 17 octobre 1972.

    Document 4 : Les pratiques culturelles des Français

    Document 5 : L'équipe de France de football, 12 juillet 1998

    L'équipe de France remporte la coupe du monde de football en 1998 au Stade de France devant 80 000 spectateurs et 23 millions de téléspectateurs.

     

     

     

     
    Ecrit par Skipp', à 12:50 dans la rubrique "BAC 2005".
    Lire l'article ! (suite de l'article + 0 commentaires)


    Vendredi (10/06/05)
    Première Générale : Français Série ES et S


    Après avoir pris connaissance de l'ensemble des textes, vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) :

    Quelle est la conception de la poésie qui s'exprime dans chacun de ces textes ?

    Texte A - Nicolas Boileau, Art poétique, chant I (1674)





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    30

    Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
    Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
    En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
    Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
    Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme
    Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme(1).
    Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
    Est toujours, quoi qu'il fasse un méchant écrivain.
    Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
    Et ne vous piquez point d'une folle vitesse :
    Un style si rapide, et qui court en rimant,
    Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
    J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
    Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
    Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
    Roule, plein de gravier sur un terrain fangeux
    Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;
    Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
    C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,
    Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent :
    Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
    Que le début, la fin, répondent au milieu ;
    Que d'un art délicat les pièces assorties
    N'y forment qu'un seul tout de diverses parties :
    Que jamais du sujet le discours s'écartant
    N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
    Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?
    Soyez-vous à vous-même un sévère critique.

     

    (1) : "barbarisme", "solécisme" : incorrections.

    Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856)
    Réponse à un acte d'accusation

    Hugo rejette ici les normes classiques qui imposent leurs interdits au théâtre et en poésie.





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    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes(1), ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille(2) aux carrosses du roi ;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires(3),
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse ;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas(4) leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F ;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers ;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    II le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille ;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière(5),
    Cachant sous ses jupons les tropes(6) effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! -Syllepse, hypallage, litote(6).
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote(7),
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces(8),
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ?

    (1) : Personnages de tragédies.
    (2) : L'absence de la lettre "s" est volontaire.
    (3) : Inquiétants.
    (4) : Vaugelas : autour des Remarques sur la langue française ( 1647), il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
    (5) : L'Académie Française, garante des règles ; "douairière" : vieille femme.
    (6) : Figures de style.
    (7) : Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
    (8) : Peuples considérés ici comme barbares.

    Texte C - Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny, dite "du voyant" (Charleville, 15 mai 1871)

    Trouver une langue ;
    -Du reste, toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra ! II faut être
    académicien, -plus mort qu'un fossile, -pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que
    ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l'alphabet, qui pourraient
    5 vite ruer dans la folie !-
    Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la
    pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en
    son temps dans l'âme universelle : il donnerait plus -que la formule de sa pensée, que la
    notation de sa marche au Progrès ! Enormité devenant norme absorbée par tous, il serait
    10 vraiment un multiplicateur de progrès !
    Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez. -Toujours pleins du Nombre et de
    l'Harmonie, ces poèmes seront faits pour rester. -Au fond, ce serait encore un peu la Poésie
    grecque.
    L'art éternel aurait ses fonctions, comme les poètes sont citoyens. La poésie ne
    15 rythmera plus l'action ; elle sera en avant.
    Ces poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra
    pour elle et par elle, l'homme -jusqu'ici abominable, -lui ayant donné son renvoi, elle sera
    poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des
    nôtres ? -Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les
    20 prendrons, nous les comprendrons.
    En attendant, demandons aux poètes du nouveau, -idées et formes.





    A sa parution, le texte de Hugo suscite un vif débat dans la presse. Vous écrivez alors un article polémique, dans lequel vous défendez ou, au contraire, attaquez, sa conception selon laquelle la poésie doit employer tous les moyens expressifs qu'elle désire, sans se plier aux règles.

    Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856)
    Réponse à un acte d'accusation

    Hugo rejette ici les normes classiques qui imposent leurs interdits au théâtre et en poésie.





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    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes(1), ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille(2) aux carrosses du roi ;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires(3),
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse ;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas(4) leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F ;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers ;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    II le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille ;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière(5),
    Cachant sous ses jupons les tropes(6) effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! -Syllepse, hypallage, litote(6),
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote(7),
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces(8),
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ?

    (1) : Personnages de tragédies.
    (2) : L'absence de la lettre "s" est volontaire.
    (3) : Inquiétants.
    (4) : Vaugelas : autour des Remarques sur la langue française ( 1647), il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
    (5) : L'Académie Française, garante des règles ; "douairière" : vieille femme.
    (6) : Figures de style.
    (7) : Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
    (8) : Peuples considérés ici comme barbares.


      


    Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856)
    Réponse à un acte d'accusation

    Hugo rejette ici les normes classiques qui imposent leurs interdits au théâtre et en poésie.





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    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes(1), ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille(2) aux carrosses du roi ;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires(3),
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse ;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas(4) leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F ;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers ;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    II le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille ;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière(5),
    Cachant sous ses jupons les tropes(6) effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! -Syllepse, hypallage, litote(6),
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote(7),
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces(8),
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ?

    (1) : Personnages de tragédies.
    (2) : L'absence de la lettre "s" est volontaire.
    (3) : Inquiétants.
    (4) : Vaugelas : autour des Remarques sur la langue française ( 1647), il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
    (5) : L'Académie Française, garante des règles ; "douairière" : vieille femme.
    (6) : Figures de style.
    (7) : Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
    (8) : Peuples considérés ici comme barbares.




    La rébellion contre l'héritage des poètes précédents est-elle indispensable à la création poétique ?
    Vous répondrez en vous appuyant sur les textes qui vous sont proposés, ceux que vous avez étudiés en classe et vos lectures personnelles.


    Texte A - Nicolas Boileau, Art poétique, chant I (1674)





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    Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
    Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
    En vain vous me frappez d'un son mélodieux,
    Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
    Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme
    Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme(1).
    Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
    Est toujours, quoi qu'il fasse un méchant écrivain.
    Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
    Et ne vous piquez point d'une folle vitesse :
    Un style si rapide, et qui court en rimant,
    Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
    J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
    Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
    Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
    Roule, plein de gravier sur un terrain fangeux
    Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage ;
    Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
    Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.
    C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent,
    Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent :
    Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
    Que le début, la fin, répondent au milieu ;
    Que d'un art délicat les pièces assorties
    N'y forment qu'un seul tout de diverses parties :
    Que jamais du sujet le discours s'écartant
    N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
    Craignez-vous pour vos vers la censure publique ?
    Soyez-vous à vous-même un sévère critique.

     

    (1) : "barbarisme", "solécisme" : incorrections.

    Texte B - Victor Hugo, Les Contemplations, Livre premier, VII (1856)
    Réponse à un acte d'accusation

    Hugo rejette ici les normes classiques qui imposent leurs interdits au théâtre et en poésie.





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    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes(1), ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille(2) aux carrosses du roi ;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires(3),
    Habitant les patois ; quelques-uns aux galères
    Dans l'argot ; dévoués à tous les genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles ; sans bas,
    Sans perruque ; créés pour la prose et la farce ;
    Populace du style au fond de l'ombre éparse ;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas(4) leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d'une F ;
    N'exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers ;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    II le gardait, trop grand pour dire : Qu'il s'en aille ;
    Et Voltaire criait : Corneille s'encanaille !
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins ; je m'écriai : Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière ?
    Et sur l'Académie, aïeule et douairière(5),
    Cachant sous ses jupons les tropes(6) effarés,
    Et sur les bataillons d'alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur ! plus de mot roturier !
    Je fis une tempête au fond de l'encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l'essaim blanc des idées ;
    Et je dis : Pas de mot où l'idée au vol pur
    Ne puisse se poser, tout humide d'azur !
    Discours affreux ! -Syllepse, hypallage, litote(6),
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote(7),
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, les Huns, les Scythes et les Daces(8),
    N'étaient que des toutous auprès de mes audaces ;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom ; pourquoi pas ?

     

    (1) : Personnages de tragédies.
    (2) : L'absence de la lettre "s" est volontaire.
    (3) : Inquiétants.
    (4) : Vaugelas : autour des Remarques sur la langue française ( 1647), il y codifie la langue selon l'usage de l'élite.
    (5) : L'Académie Française, garante des règles ; "douairière" : vieille femme.
    (6) : Figures de style.
    (7) : Aristote, philosophe grec, avait codifié les genres et les styles.
    (8) : Peuples considérés ici comme barbares.

    Texte C - Arthur Rimbaud, Lettre à Paul Demeny, dite "du voyant" (Charleville, 15 mai 1871)

    Trouver une langue ;
    -Du reste, toute parole étant idée, le temps d'un langage universel viendra ! II faut être
    académicien, -plus mort qu'un fossile, -pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que
    ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l'alphabet, qui pourraient
    5 vite ruer dans la folie !-
    Cette langue sera de l'âme pour l'âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la
    pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d'inconnu s'éveillant en
    son temps dans l'âme universelle : il donnerait plus -que la formule de sa pensée, que la
    notation de sa marche au Progrès ! Enormité devenant norme absorbée par tous, il serait
    10 vraiment un multiplicateur de progrès !
    Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez. -Toujours pleins du Nombre et de
    l'Harmonie, ces poèmes seront faits pour rester. -Au fond, ce serait encore un peu la Poésie
    grecque.
    L'art éternel aurait ses fonctions, comme les poètes sont citoyens. La poésie ne
    15 rythmera plus l'action ; elle sera en avant.
    Ces poètes seront ! Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra
    pour elle et par elle, l'homme -jusqu'ici abominable, -lui ayant donné son renvoi, elle sera
    poète, elle aussi ! La femme trouvera de l'inconnu ! Ses mondes d'idées différeront-ils des
    nôtres ? -Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les
    20 prendrons, nous les comprendrons.
    En attendant, demandons aux poètes du nouveau, -idées et formes.




    Ecrit par Skipp', à 12:50 dans la rubrique "BAC 2005".
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    Maths Info Série L


    Exercice 1 (10 points)

    Le tableau ci-dessous présente les émissions de gaz à effet dans l'Union Européenne en millions de tonnes d'équivalent CO2. Source : Agence européenne pour l'environnement, 2003.
    Dans la dernière colonne on a indiqué pour chaque pays les objectifs prévus dans le protocole de Kyoto de réduction d'émissions de gaz à effet de serre ou de hausse maximale autorisée.
    Par exemple :
    - l'Allemagne doit réduire ses émissions d'au minimum 21 % entre les années 1990 et 2010.
    - l'Espagne peut les augmenter d'au maximum 15 % entre les années 1990 et 2010.
    Certaines données ont été effacées et on se propose de retrouver certaines d'entre elles dans le QCM suivant.

    Pour information : pour exprimer les émissions de gaz à effet de serre en tonnes d'équivalent CO2, on pondère les émissions de chaque gaz par un coefficient tenant compte de son pouvoir de réchauffement comparé à celui du CO2. Ce coefficient est de 1 pour le CO2, de 21 pour le CH4 de 310 pour le N2O, de 23 900 pour le SF6, de 140 à 11 700 pour les HFC et de 2 100 à 9 200 pour les PFC.

     

    Emissions en 1990

    Emissions en 2001

    Variation en
    pourcentage entre
    1990 et 2001

    Variation prévue
    en pourcentage
    entre 1990 et 2010

    Allemagne

    1216

     

    -18,3

    -21

    Autriche

    78,4

     

    9,6

    -13

    Belgique

    141,3

    150,2

    6,3

    -7,5

    Danemark

    69,5

    69,4

    -0,1

    -21

    Espagne

    289,8

    382,8

    32,1

    15

    Finlande

    77,3

     

    4,7

     

    France

    558,6

     

    0,4

     

    Grèce

     

    132,2

    23,5

    25

    Irlande

    53,4

    70

     

    13

    Italie

     

    545,4

    7,1

    -6.5

    Luxembourg

     

    6,1

    -44,2

    -28

    Pays Bas

     

    219,7

    4,1

    -6

    Portugal

    61,4

    83,8

    36,5

    27

    Royaume Uni

     

    657,2

    -12

    -12,5

    Suède

     

    70,5

    -3,3

    4

    Ensemble de
    l'Union Européenne

     

    4108,3

    -2,3

    -8

    Partie A - QCM

    Chaque question comporte trois affirmations repérées par les lettres a, b, c, dont une seule est correcte.
    Dans le tableau 1 fourni en annexe, le candidat doit entourer la bonne réponse pour chaque question.
    Aucune justification n 'est demandée.
    Une bonne réponse apporte 1 point ; une réponse inexacte enlève 0,5 point ; l'absence de réponse n'apporte, ni n'enlève aucun point.
    Si le total est négatif, la note est ramenée à zéro.

    1. Pour l'ensemble de l'Union Européenne, la quantité de gaz à effet de serre émise entre 1990 et 2001 a été multipliée par :
    a.   0,977
    b.   1,023
    c.   0,023

    2. Les émissions de gaz à effet de serre en Autriche pour l'année 2001 représentaient à 0,1 million de tonnes d'équivalent CO2 près :
    a.   85,9 millions de tonnes d'équivalent CO2
    b.   153,7 millions de tonnes d'équivalent CO2
    c.   88 millions de tonnes d'équivalent CO2

    3. La variation en pourcentage des émissions de gaz à effet de serre en Irlande entre 1990 et 2001 est égale à 0,1 % près à :
    a.   23,7%
    b.   31,1 %
    c.   16,6 %

    4. Les émissions de gaz à effet de serre au Luxembourg pour l'année 1990 représentaient à 0,1 million de tonnes d'équivalent CO2 près :
    a.   8,8 millions de tonnes d'équivalent CO2
    b.   13,8 millions de tonnes d'équivalent CO2
    c.   10,9 millions de tonnes d'équivalent CO2

    Partie B

    On désire connaître, pour certains pays n'ayant pas encore atteint en 2001 les objectifs fixés au protocole de Kyoto, le taux de diminution à appliquer aux émissions de gaz à effet de serre de 2001 pour atteindre les quantités prévues en 2010.
    Le tableau 2 figurant en annexe est extrait d'une feuille de calcul d'un tableur.
    Les émissions de gaz à effet de serre sont exprimées en millions de tonnes d'équivalent CO2.
    Dans les colonnes D, F et G, les résultats sont arrondis au dixième.
    Le contenu de certaines cellules est masqué.

    1.  a. Quelle formule a-t-on entrée dans la cellule F2 puis recopiée vers le bas jusqu'à la cellule F6 ?
         b. Quelle formule contient la cellule F6 ?
         c. Compléter la colonne F du tableau 2 donné en annexe. On donnera un résultat arrondi à 0,1 million de tonnes d'équivalent CO2.

    2.  a. La Belgique désire réaliser les objectifs fixés lors du protocole de Kyoto. Justifier qu'elle devra diminuer ses émissions de gaz à effet de serre entre 2001 et 2010 d'environ 13 %.
         b. Quelle formule a-t-on entrée dans la cellule G2 puis recopiée vers le bas jusqu'à la cellule G6 ?
         c. Quel pays, figurant dans le tableau 2, devra réaliser entre 2001 et 2010 le plus fort taux de diminution de ses émissions pour répondre aux objectifs fixés lors du protocole de Kyoto ?

    Tableau 2 (exercice 1)

     

    A

    B

    C

    D

    E

    F

    G

    1

    Pays

    Emissions en 1990

    Emissions en 2001

    Variation entre 1990 et 2001
    (en %)

    Variation prévue entre 1990 et 2010
    (en %)

    Emissions prévues en 2010

    Variation prévue entre 2001 et 2010

    2

    Belgique

    141,3

    150,2

    6,3

    -7,5

       

    3

    Danemark

    69,5

    69,4

    -0,1

    -21

    54,9

    -20,9

    4

    Espagne

    289,8

    382,8

    32,1

    15

    333,3

    -12,9

    5

    Italie

    509,2

    545,4

    7,1

    -6,5

     

    -12,7

    6

    Portugal

    61,4

    83,8

    36,5

    27

    78

    -6,9

     

     



    Un site de vente aux enchères sur Internet désire réaliser une étude statistique de sa clientèle.
    Les responsables de l'étude utilisent un échantillon de 3000 clients, parmi les plus réguliers du site.

    PARTIE A

    La première question concerne l'âge des clients considérés. Les résultats sont donnés par l'histogramme ci-dessous.

    1. Compléter, sans justifier, le tableau 3 figurant en annexe.
    2. A l'aide de la calculatrice, déterminer sans justifier (on arrondira les résultats au dixième) :
    a. l'âge moyen m des 3000 clients du site de vente aux enchères.
    b. l'écart type s de la série des âges des clients.
    3. Peut-on estimer que le pourcentage des individus qui ont un âge appartenant à la plage [ m - s  ; m + s  ] est supérieur ou égal à  75 %  ?

    PARTIE B

    La seconde question posée aux 3000 clients porte sur la durée moyenne de connexion en minute durant une période d'une semaine.

    1. L'étude a montré que la série des durées moyennes de connexion suit une loi de Gauss de moyenne m  »  83,5 et d'écart type s »  26,6.
    a. Déterminer la plage de normalité à 95 % de cette série.
    b. A combien peut-on estimer le nombre de clients dont la durée moyenne de connexion par semaine est située en dehors de cette plage ?
    2. Pour cette série, le premier quartile Q1 est 65, la médiane Me est 85 et le troisième quartile Q3 est 100.
    a. Quel est le nombre minimum de clients dont la durée moyenne de connexion par semaine sur le site est inférieure ou égale à 65 minutes ?
    b. Les responsables du site espéraient qu'au moins 1 000 personnes se connecteraient en moyenne 1 heure et 40 minutes ou plus par semaine. Cet objectif est-il atteint ?

    Classe

    Centre de la classe

    Effectif

    Fréquence (en %)

    [13 ; 18[

         

    [18 ; 20[

         

    [20 ; 25[

    22,5

       

    [25 ; 30[

    27,5

     

    32

    [30 ; 35[

    32,5

     

    18,6

    [35 ; 45[

    40

     

    7,4

    [45 ; 55[

       

    1,9

    [55 ; 70[

       

    1

    Total

     Ne rien inscrire

    3 000

    100


     


    Ecrit par Skipp', à 12:38 dans la rubrique "BAC 2005".
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    Enseignement Scientifique Série L


    PROCREATION
    MAITRISE DE LA REPRODUCTION

    Document 1 : La "pilule"

    C'est le mode de contraception utilisé par la moitié des femmes françaises.
    "Le Monde" Janvier 2000.

    "Sa composition la plus commune : des œstrogènes et des progestatifs. Traduisez : des produits de synthèse copiés sur I'œstradiol et la progestérone, deux hormones fabriquées naturellement par les ovaires durant le cycle. But : stopper l'évolution du follicule en agissant sur le complexe hypothalamo-hypophysaire. Les hormones de synthèse contenues dans la pilule agissent aussi sur la muqueuse utérine (l'endomètre) en l'empêchant de se développer suffisamment pour abriter l'embryon. Elles modifient, en outre, la glaire cervicale qui ne favorise plus le déplacement des spermatozoïdes vers les trompes."
    d'après Science et Vie Junior novembre 1999

    Document 2 : Schéma simplifié de la régulation de la fonction ovarienne

    Document 3 : Les variations des taux plasmatiques en hormones, l'évolution du follicule ovarien et de la muqueuse utérine lors du cycle ovarien chez la femme.

    Document 4 : IVG : la stabilité des chiffres cache de nouveaux comportements.

    Trente ans après l'entrée en vigueur de Ia loi Veil, "la contraception et, en cas d'échec, le recours à l'IVG ont permis le passage d'un modèle de maternité sous contrainte à celui de maternité choisie, contribuant ainsi à redéfinir la parentalité au féminin, comme au masculin" estime "Population et Sociétés".
    Et, contrairement à ce qu'affirmaient les opposants à l'avortement lors de l'adoption de la loi, la légalisation de l'IVG n'a pas eu d'impact démographique.
    "Une IVG ne constitue pas une naissance en moins mais une naissance reportée à plus tard dans un contexte plus favorable" explique Mme Bayes.
    La fécondité française, qui avait fortement baissé de 1964 à 1976, est stabilisée : depuis trente ans, le nombre d'enfants souhaités par les français est inchangé et les femmes en ont toujours autant.

    Source : Extrait du Monde du Jeudi 9 décembre 2004

    Question 1 (1 point)
    Saisir des informations et mobiliser des connaissances

    Indiquer les effets de la pilule sur l'ovaire, la muqueuse utérine et la glaire cervicale.

    Question 2 (2 points)
    Mettre en relation des informations et des connaissances pour expliquer

    Expliquer le mécanisme par lequel agit cette pilule.

    Question 3 (2 points)
    Mobiliser des connaissances

    Citer deux autres moyens contraceptifs. Donner le principe de leur action contraceptive.

    Question 4 (2 points)
    Saisir des informations et mobiliser des connaissances pour argumenter

    a) À l'aide du document 4, dégager des arguments en faveur de l'autorisation légale
    de l'IVG en France.

    b) Argumenter l'idée selon laquelle l'avortement n'est pas considéré comme un
    moyen de contraception.


    REPRESENTATION VISUELLE DU MONDE

    Les incroyables avancées de l'ophtalmologie

    Document 1
    II y a cinquante ans, personne n'imaginait qu'on opèrerait un jour l'œil pour corriger une myopie tellement cet organe semblait petit et fragile. Et pourtant, grâce à l'étonnante technique du "lasik" (Laser Assisted In situ Keratomileusis), l'intervention s'est aujourd'hui banalisée. Ce qui ne l'empêche pas d'être impressionnante ! [...]
    Apparu en 1994, le lasik corrige la plupart des défauts visuels : myopie, mais aussi astigmatisme, hypermétropie et, depuis peu, la presbytie. [...]
    Prenons la myopie : dans ce cas, l'œil est trop long et l'image de l'objet regardé se forme donc en avant de la rétine, d'où une vision floue. Eh bien, l'intervention réussit à aplanir la cornée.

    Question 1 (1,5 points)
    Compléter un schéma, repérer des informations, restituer des connaissances.

    Un œil myope voit flou les objets éloignés mais net les objets proches.
    1. Compléter sur le schéma présenté en annexe 1, la marche des deux rayons issus d'un point objet à l'infini et pénétrant dans un œil myope.
    2. Sur quelle partie du globe oculaire se serait formée l'image de ce même point objet, si l'œil avait été normal ?

    Question 2 (1 point)
    Interpréter une information.

    "L'intervention réussit à aplanir la cornée". Quelle conséquence cette intervention a-t-elle sur la vergence de l'ensemble cornée + cristallin ?

    Question 4 (2 points)
    Restituer des connaissances.

    Après avoir précisé ce que sont : le punctum proximum (PP) et le punctum remotum (PR), placer sur le schéma présenté en annexe 2 le PP et le PR d'un œil myope en s'aidant des PP et PR d'un œil normal.

    Question 5 (1,5 points)
    Mettre en relation et interpréter des informations.

    L'hypermétropie est un autre défaut de l'œil dû à une anomalie héréditaire. On dit de l'œil hypermétrope qu'il est trop court. Contrairement à l'œil myope, l'œil hypermétrope voit bien de loin mais mal de près.
    1. Dans ce cas, où se forme, par rapport à la rétine, l'image d'un objet proche ?
    2. L'œil hypermétrope est-il trop convergent, normalement convergent ou pas assez convergent ?

    Question 6 (1 point)
    Restituer des connaissances.

    Toutes les personnes atteintes de troubles de la vision n'ont pas recours à l'opération. Elles portent alors des verres correcteurs pour pallier leur mauvaise vue.
    Préciser la nature (convergente ou divergente) des verres correcteurs prescrits par un ophtalmologiste pour corriger :
    - un patient myope,
    - un patient hypermétrope.

    Question 7 (1 point)
    Utiliser ses connaissances.

    Indiquer parmi les propositions a, b, c, d suivantes, celle(s) qui correspond(ent) à une prescription possible pour un patient atteint de myopie à l'œil gauche. Justifier.

    a

    Oeil droit : +3d
    Oeil gauche : -2,5d

    b

    Oeil droit : +3d
    Oeil gauche : +2,5d

    c

    Oeil droit : -3d
    Oeil gauche : -2,5d

    d

    Oeil droit : -3d
    Oeil gauche : +2,5d

    Question 8 (2 points)
    Restituer des connaissances, repérer et interpréter des informations.

    La presbytie est un défaut de l'œil qui apparaît principalement entre 45 et 50 ans. On dit souvent des presbytes qu'ils n'ont pas les bras assez longs pour lire leur journal.
    1. A quoi est due la presbytie ?
    2. Quelle vision est altérée : celle des objets proches ou celle des objets éloignés ? Justifier.

    Annexe 1

    Annexe 2



    Question 3 (3 points)
    Mettre en relation des informations et des connaissances.

    Les dystrophies de la rétine se traduisent par une forte dégradation ou même une perte de la vision.
    Expliquer ce résultat en vous référant au document 2.

    Document 2

    Si la plupart des défauts visuels peuvent être opérés, les médecins restent tout de même désarmés face à la plupart des maladies de la rétine, cette partie stratégique de l'œil sans laquelle il n'y aurait pas de vision.
    Les dystrophies de la rétine, comme on les appelle, sont des maladies héréditaires qui touchent les photorécepteurs tapissant la rétine. Quelle que soit l'anomalie génétique en cause, le résultat est le même, les photorécepteurs dégénèrent. La perte est alors définitive car lorsqu'un photorécepteur meurt, il n'est jamais remplacé. Heureusement, le développement des thérapies géniques, voire cellulaires laisse percer l'espoir.

    d'après Science et Vie, n°1023, décembre 2002, page 52

    Q 

    Document 1 :
    " C'est l'affection héréditaire la plus fréquente observée dans la population occidentale (un enfant sur 3000 en France). (...) Aujourd'hui, cette maladie au cours de laquelle le mucus tapissant les bronche est épaissi, concerne aussi des adultes.(...) Plusieurs raisons expliquent ce constat : une meilleure organisation des soins spécialisés et une prise en charge précoce des infections et des problèmes nutritionnels.(...) Les bronches s'obstruent du fait de l'épaississement du mucus, ce qui entraîne une toux, des difficultés à expectorer, et favorise la surinfection. Au niveau digestif, les atteintes se portent sur le foie et le pancréas. Les difficultés d'excrétion des enzymes pancréatiques sont en effet responsables d'une altération de la digestion des graisses, avec son cortège de douleurs abdominales, de diarrhées ou de constipations, accompagné d'une dénutrition. Cirrhose biliaire et stérilité sont également fréquentes.(...) Le gène impliqué, baptisé CF (Cystic Fibrosis ou fibrose kystique, nom anglo-saxon de la mucoviscidose), a été identifié en 1989. Il gouverne la synthèse d'une protéine appelée CFTR, qui intervient dans la régulation du transport des ions chlore à travers les membranes cellulaires.(...) Les progrès dans les connaissances génétiques sur la mucoviscidose avaient fait naître l'espoir d'une thérapie génique mais les recherches piétinent."
    d'après un article du Monde publié le 27 janvier 2003

    Document 2 : mutation la plus fréquente du genre CF

    Document 3 : principe de la thérapie génique

    Question 1 (1,5 points)
    Saisir des informations
    Montrer en quoi l'exemple de la mucoviscidose décrit dans le document 1, illustre bien l'idée suivante " un phénotype peut se définit à différentes échelles : macroscopique, cellulaire et moléculaire "

    Question 2 (3 points)
    Mettre en relation des informations et des connaissances.
    a. Expliquer la relation existant entre un gène et une protéine.
    b. Proposer une explication à l'origine de la mucoviscidose au niveau moléculaire.

    Question 3 (1,5 point)
    Mettre en relation des informations et des connaissances.
    Préciser le principe de la thérapie génique et les résultats attendus. Indiquer une propriété du vivant qu'on exploite à travers cette thérapie génique.

    Question 4 (1 point)
    Mettre en relation des informations et des connaissances.
    Quelles mesures relatives à l'hygiène de vie peuvent être envisagées dans le cadre " d'une prise en charge précoce des infections et des problèmes nutritionnels " ?



    Ecrit par Skipp', à 12:27 dans la rubrique "BAC 2005".
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    Enseignement Scientifique Série ES


    ALIMENTATION, PRODUCTION ALIMENTAIRE, ENVIRONNEMENT

    La progression de l'obésité

    Un rapport sénatorial daté d'avril 2004 souligne qu'à la suite des modifications de nos habitudes alimentaires "la montée de l'obésité" devient un problème de santé publique.

    Document 1 : Exemples d'apports nutritionnels du repas de midi.

     

    Apports nutritionnels conseillés
    (repas de midi)

    Apports nutritionnels d'un repas
    de restauration industrielle
    (viande hachée, frites, boisson
    lactée)

    Energie

    3600 kJ.

    5800 kJ

    Protéines

    25,5 à 27 g

    30 g

    Lipides

    30 à 31,5 g

    50 g

    Glucides

    115,5 à 117 g

    200 g

    Document 2a

    Document 2b

    Risque relatif pour des personnes atteintes d'obésité par rapport à des personnes non atteintes.

    25 % de plus de maladies des os et des articulations,
    50 % de plus de maladies des coronaires,
    380 % de plus de diabètes,
    370 % de plus de goutte,
    240 % de plus de maladies liées à une hypertension artérielle.
    D'après le rapport du Sénat n° 267 avril 2004

    Première question (10 points)
    Saisir des données et les mettre en relation.

    A partir de l'analyse des documents et de leur mise en relation, montrez qu'un recours de plus en plus fréquent à certains menus de restauration industrielle justifie les craintes émises par les auteurs du rapport sénatorial.

    Deuxième question (10 points)
    Mobiliser des connaissances et les restituer.

    Définissez la notion de ration alimentaire équilibrée et présentez les paramètres dont elle dépend.



    DU GENOTYPE AU PHENOTYPE, APPLICATIONS BIOTECHNOLOGIQUES

    La pigmentation de la peau

    Document 1
    La pigmentation de la peau résulte d'un seul pigment, la mélanine, présente dans les cellules de l'épiderme (les kératinocytes).
    La mélanine est produite par d'autres cellules, les mélanocytes puis exportée vers les kératinocytes . Tous les individus ont un nombre identique de mélanocytes. Il n'y a pas de "blanc", de "jaune" ou de "noir", mais une couleur unique, brune qui va du plus foncé quand la production de mélanine est élevée au plus clair quand elle est faible. La mélanine est synthétisée dans des structures cellulaires (les mélanosomes) à partir d'un acide aminé, la tyrosine, transformé par l'action d'une protéine, la tyrosinase. Lorsque l'acidité des mélanosomes est élevée, l'activité de la tyrosinase est réduite.

    Document 2
    Plusieurs gènes sont impliqués dans la modulation de la couleur de la peau. Parmi ceux-ci, on trouve le gène OCA2 dont on connaît plusieurs allèles. Il est responsable de la synthèse d'une protéine appelée "P". C'est une protéine dont la quantité est sensiblement identique chez tous les humains quelle que soit la couleur de leur peau. Cette protéine a pour fonction d'abaisser l'acidité des mélanosomes.
    Certains allèles du gène OCA2 codent une protéine P dont l'activité est faible, voire inexistante.
    D'après Pour la Science n°313 nov. 2003

    Première question (10 points)
    Saisir des données et les mettre en relation.

    A partir de l'étude des deux documents ci-dessus, proposez une explication possible au phénotype "peau claire".
    Votre réponse fera intervenir : les kératinocytes, les mélanosomes, la mélanine, la protéine P, la tyrosinase, le gène OCA2.

    Deuxième question (10 points)
    Mobiliser des connaissances et les restituer.

    Expliquez comment les gènes interviennent dans l'établissement du phénotype.


    UNE RESSOURCE NATURELLE : LE BOIS

    Le secret des Stradivarius

    Document 1 :
    Les Stradivarius, des violons fabriqués par Antonio Stradivari (1644 ?-1737), à Crémone en Italie, sont des instruments mythiques. II en subsiste environ 400 sur les 1100 qu'il réalisa. D'où vient leur sonorité exceptionnelle, voire inégalée pour certains musiciens ?
    Selon Henri Grissino-Mayer, de l'Université de Tennessee, cette sonorité exceptionnelle proviendrait du bois lui même. En analysant les troncs de très vieux arbres des forêts françaises et allemandes ayant poussé entre 1625 et 1720, Henri Grissino-Mayer a montré que la croissance de ces arbres a été très ralentie, leur bois se caractérisant par des anneaux concentriques étroits, très resserrés.
    [...]

    Variation de la température moyenne en Europe de l'Ouest au cours du dernier millénaire.

    Document 2 : "Sans forêt de montagne, pas de musique..."
    Le bois utilisé dans la fabrication des violons et des guitares... est dit "bois de résonance". Parmi les critères qui permettent d'estimer la qualité d'un bois de résonance, on trouve la faible largeur des cernes et la faible densité du bois. L'épicéa est l'essence qui répond le mieux à ces exigences.
    Il est facile de compter les cernes de l'arbre sur l'instrument. Sur la moitié d'un violon (10cm), on arrive au minimum à 50 cernes, souvent à plus de 100, parfois plus de 200.
    Les stations favorables à la croissance de bois de résonance se situent en montagne. Comme la période de végétation est très courte (3 à 5 mois en raison des basses températures), les arbres ont très peu de temps pour croître, c'est pourquoi le cerne est étroit. De plus, comme les hivers sont précoces, le bois final d'été qui contient des cellules aux parois plus épaisses que celui de printemps, est réduit. On arrive ainsi à obtenir du bois d'épicéa léger de masse volumique inférieure à 450 g.dm-3.
    D'après : www.silviva.ch

    Première question (12 points)
    Saisir des données et les mettre en relation.

    Mettez en relation les informations apportées par les documents pour expliquer la qualité exceptionnelle des Stradivarius.

    Deuxième question (8 points)
    Mobiliser des connaissances et les restituer.

    Les documents ci-dessus ont montré que les caractéristiques structurales du bois conditionnent les propriétés physiques de ce matériau.
    Par 3 exemples, illustrez différents usages du bois et présentez les composants chimiques du bois permettant cette diversité d'usage.

    Ecrit par Skipp', à 12:10 dans la rubrique "BAC 2005".
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    Jeudi (09/06/05)
    Sujets et corrigés du Bac de Philo toutes séries
    --> ...ES, S, L
    SERIE ES

    Dissertation sujet n°1 :
    Dissertation sujet n°2 :

    Commentaire d'un texte philosophique :
    Expliquer le texte suivant :

    L'éthique peut proposer des lois de moralité qui sont indulgentes et qui s'ordonnent aux faiblesses de la nature humaine, et ainsi elle s'accommode à cette nature en ne demandant rien de plus à l'homme que ce qu'il est en mesure d'accomplir. Mais l'éthique peut aussi être rigoureuse et réclamer la plus haute perfection morale. En fait, la loi morale doit elle-même être rigoureuse. Une telle loi, que l'homme soit en mesure ou non de l'accomplir, ne doit pas être indulgente et s'accommoder aux faiblesses humaines, car elle contient la norme de la perfection morale, laquelle doit être stricte et exacte. La géométrie donne par exemple des règles strictes, sans se demander si l'homme peut ou non les appliquer et les observer : le point qu'on dessine au centre d'un cercle a beau ne jamais être assez petit pour correspondre au point mathématique, la définition de ce dernier n'en conserve pas moins toute sa rigueur. De même, l'éthique présente des règles qui doivent être les règles de conduite de nos actions ; ces règles ne sont pas ordonnées au pouvoir de l'homme, mais indiquent ce qui est moralement nécessaire. L'éthique indulgente est la corruption de la mesure de perfection morale de l'humanité. La loi morale doit être pure.

    Kant, Leçons d'éthique.

    La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.


    SERIE S

    Dissertation sujet n°1 :
    Dissertation sujet n°2 :

    Commentaire d'un texte philosophique :
    Expliquez le texte suivant :

    Il est assez difficile de comprendre, comment il se peut faire que des gens qui ont de l'esprit, aiment mieux se servir de l'esprit des autres dans la recherche de la vérité, que de celui que Dieu leur a donné. Il y a sans doute infiniment plus de plaisir et plus d'honneur à se conduire par ses propres yeux, que par ceux des autres ; et un homme qui a de bons yeux ne s'avisa jamais de se les fermer, ou de se les arracher, dans l'espérance d'avoir un conducteur. Sapientis oculi in capite ejus, stultus in tenebris ambula(1). Pourquoi le fou marche-t-il dans les ténèbres ? C'est qu'il ne voit que par les yeux d'autrui, et que ne voir que de cette manière, à proprement parler, c'est ne rien voir. L'usage de l'esprit est à l'usage des yeux, ce que l'esprit est aux yeux ; et de même que l'esprit est infiniment au-dessus des yeux, l'usage de l'esprit est accompagné de satisfactions bien plus solides, et qui le contentent bien autrement que la lumière et les couleurs ne contentent la vue. Les hommes toutefois se servent toujours de leurs yeux pour se conduire, et ils ne se servent presque jamais de leur esprit pour découvrir la vérité.

    Malebranche, De la Recherche de la Vérité

    (1) "Les yeux du sage sont dans sa tête ; l'insensé marche dans les ténèbres."

    La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. Il faut et il suffit que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.


    SERIE L

    Dissertation sujet n°1 :
    Dissertation sujet n°2 :


    Commentaire d'un texte philosophique :
    Expliquer le texte suivant :

    Si le cours naturel des choses était parfaitement bon et satisfaisant, toute action serait une ingérence inutile qui, ne pouvant améliorer les choses, ne pourrait que les rendre pires. Ou, si tant est qu'une action puisse être justifiée, ce serait uniquement quand elle obéit directement aux instincts, puisqu'on pourrait éventuellement considérer qu'ils font partie de l'ordre spontané de la nature ; mais tout ce qu'on ferait de façon préméditée et intentionnelle serait une violation de cet ordre parfait. Si l'artificiel ne vaut pas mieux que le naturel, à quoi servent les arts de la vie ? Bêcher, labourer, bâtir, porter des vêtements sont des infractions directes au commandement de suivre la nature.

    [...] Tout le monde déclare approuver et admirer nombre de grandes victoires de l'art sur la nature : joindre par des ponts des rives que la nature avait séparées, assécher des marais naturels, creuser des puits, amener à la lumière du jour ce que la nature avait enfoui à des profondeurs immenses dans la terre, détourner sa foudre par des paratonnerres, ses inondations par des digues, son océan par des jetées. Mais louer ces exploits et d'autres similaires, c'est admettre qu'il faut soumettre les voies de la nature et non pas leur obéir ; c'est reconnaître que les puissances de la nature sont souvent en position d'ennemi face à l'homme, qui doit user de force et d'ingéniosité afin de lui arracher pour son propre usage le peu dont il est capable, et c'est avouer que l'homme mérite d'être applaudi quand ce peu qu'il obtient dépasse ce qu'on pouvait espérer de sa faiblesse physique comparée à ces forces gigantesques. Tout éloge de la civilisation, de l'art ou de l'invention revient à critiquer la nature, à admettre qu'elle comporte des imperfections, et que la tâche et le mérite de l'homme sont de chercher en permanence à les corriger ou les atténuer.

    John Stuart Mill, La nature

    La connaissance de la doctrine de l'auteur n'est pas requise. II faut et il suffît que l'explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.
    Ecrit par Skipp', à 11:48 dans la rubrique "BAC 2005".
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